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L'État au service des corporations

La source de pétrole des années 1950 n’a pas produit depuis 2015, mais mange toujours de manière pénétrante du sulfure d’hydrogène sentant les œufs pourris et probablement aussi du méthane hautement inflammable et sans odeur. Le fermier, sur les terres duquel se trouve l’ancienne source, a seulement reçu l’ordre de ne pas s’approcher trop près d’elle.

Elle n’est pas la seule au Canada. Au total, il existe 97 000 sources de pétrole et de gaz abandonnées à partir desquelles un mélange toxique de gaz à effet de serre s’élève dans l’air depuis des décennies. Le Canada est un pays qui prend les changements climatiques au sérieux et qui s’engage à réduire les émissions de CO2. Il blâme l’industrie pétrolière et gazière pour environ la moitié des émissions annuelles de méthane, l’un des gaz à effet de serre les plus puissants. Au cœur de l’extraction des hydrocarbures, dans l’État de L’Alberta, les émissions de méthane provenant des usines actives doivent être réduites de 45% d’ici 2025. Cependant, les déclassés sont tout aussi nocifs pour le climat.

La croissance rapide de l’industrie a causé non seulement de grandes réussites, mais aussi un certain nombre d’échecs. Ceux-ci, à leur tour, sont responsables de l’énorme arriéré dans le démantèlement approprié des puits inactifs, qui augmente d’environ six pour cent par an. 97 920 les installations sont actuellement considérées comme “Temporairement annulées”. En outre, il existe environ 160 000 sources actives. Bien qu’il soit hautement improbable que les inactifs soient remis en service, ils ne sont pas vraiment mis hors service. Environ 30 000 plantes ont été abandonnées depuis plus de dix ans. Moins de 0,2% sera réactivé.

Personne ne sait combien de ces sources continuent d’émettre du méthane et d’autres polluants. La Ministre de l’énergie de l’Alberta, Sonya Savage, a déclaré au New York Times: “il s’agit d’un problème qui fermente depuis des décennies.“En fait, les entreprises devraient être tenues par la loi de fermer définitivement les sources après dix ans d’inactivité. Mais l’industrie a résisté et, en 2000, la réglementation a été modifiée: depuis lors, les sources ont été autorisées à rester inactives indéfiniment.

1,7 milliard d’argent des contribuables

Au printemps, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé qu’il lancerait un fonds d’une valeur de 1,7 milliard de dollars canadiens pour fermer définitivement les sources inactives au Canada. Le fonds fait partie du plan de relance Corona pour l’industrie gazière et pétrolière. Jusqu’à présent, des demandes ont été présentées en Alberta pour seulement 8 200 installations de ce type, soit moins d’une sur dix.

Avec l’âge, le risque de fuite augmente également. Les tuyaux en béton et en acier pénètrent profondément dans l’intérieur de la terre. L’érosion, l’eau salée, les gaz corrosifs et les tremblements de terre endommagent les infrastructures. Il y a peu de données sur les puits abandonnés en Alberta, et ils ne sont pas non plus inclus dans le nouveau programme de surveillance du méthane pour les sources actives, qui a commencé en janvier.

En Colombie-Britannique voisine, les chercheurs ont constaté que 29 pour cent des sources déclassées fuient. Même les plantes qui sont correctement mises hors service peuvent lécher. Entre 2009 et 2014, le Ministère de l’énergie de l’Alberta a constaté que 7,7% de ces puits fuyaient.

En juillet, le Ministre de l’énergie de L’Alberta, M. Savage, a annoncé un règlement qui oblige les entreprises à consacrer quatre pour cent de leur budget annuel de nettoyage au démantèlement adéquat des sources. Alors que certaines entreprises le font volontairement, d’autres “dépensent zéro”. Ce sont principalement les entreprises qui, selon Savage, “vivent de la main à la bouche.“En Alberta, il n’est pas prévu de forcer ces entreprises à se conformer aux règles, et il n’y a pas de délais.

Au contraire, l’environnement “évaluation” est de la responsabilité des propriétaires. Ils doivent déposer une plainte concernant l’état des sources sur leurs terres. La surveillance des sociétés gazières et pétrolières est ainsi déléguée aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers.

Particulièrement cynique: les agriculteurs possèdent la terre qu’ils cultivent, mais ce qui se trouve sous le sol ne leur appartient pas. Si une compagnie pétrolière acquiert les droits miniers, le propriétaire foncier doit autoriser le forage. Pour cela, il reçoit une compensation annuelle pour compenser la perte de productivité.

Personne ne sait combien de vieux puits de pétrole et de gaz léchent depuis des décennies. Les entreprises ne sont pas légalement tenues de les notifier à l’état afin d’être incluses dans la base de données du régulateur de l’énergie.