Logo
Cover

75 ans de l'ONU

C’est en fait une bonne chose qu’une grande célébration d’anniversaire à New York soit hors de question de toute façon à cause de la pandémie de Corona et que l’Assemblée générale, qui commence aujourd’hui, n’ait lieu que pratiquement.

La question de la “réforme ou de l’effondrement” de l’organisation mondiale, qui a été soulevée le jour de son 50e et premier anniversaire après la fin de l’ordre mondial Ouest-Est (Onu), reste dans l’air. Dix ans plus tard, à l’occasion du 60e anniversaire, l’Assemblée générale a accueilli favorablement une proposition du Secrétaire général Kofi Annan avec 101 propositions de réforme. Mais les 194 États membres ont jusqu’à présent mis en œuvre à peine dix pour cent de ce.

La réforme du Conseil de sécurité, que plus de 90 pour cent des membres de l’ONU ont longtemps cru nécessaire, n’est pas seulement un échec en raison de la réticence des trois grandes puissances de veto, les États-Unis, la Chine et la Russie. La France et le Royaume-Uni ne sont pas non plus disposés à restreindre leur privilège, par exemple en convertissant leurs deux sièges permanents nationaux au Conseil en sièges pour l’UE, que leurs membres exerceraient ensuite en rotation. En outre, depuis le début du millénaire, quatre des cinq pouvoirs de veto ont considérablement affaibli l’ONU et porté atteinte à sa réputation par ses graves violations et son mépris du droit international en Irak, en Crimée et en mer d’Asie. A cela s’ajoute l’échec du Conseil de sécurité dans le conflit syrien, qui dure depuis neuf ans, et le comportement involontaire et ouvertement anti-ONU de son (encore) état membre le plus puissant, les États-Unis, depuis le début de 2017.

Mais, pour toute l’oppression compréhensible du chaos mondial, de l’ONU apparemment impuissante et de ses réformes inadéquates, ses réalisations et ses succès ne doivent pas être oubliés et négligés. Sans médiation non diplomatique de l’ONU, davantage de conflits auraient dégénéré en guerres au cours des 75 dernières années, peut-être même à l’aide d’armes nucléaires. Sans les organisations humanitaires de l’ONU, des centaines de millions de victimes survivantes de conflits violents et de catastrophes naturelles n’auraient pas été prises en charge. Dans le cadre de l’ONU, les États membres se sont également mis d’accord sur des milliers de normes et de traités relatifs aux droits de l’homme et au droit international, au contrôle des armements et au désarmement, aux normes sociales et au travail, ainsi qu’à la santé, aux espèces, à l’environnement et à la protection du climat. L’Organisation mondiale, pour toutes ses lacunes, n’est en aucun cas devenue superflue. Et personne n’a encore présenté une alternative meilleure et en même temps réaliste.