Logo
Cover

L’Occident et la liberté de la presse

Pour eux, cela peut sembler inhabituel quand la Russie se plaint de la liberté de la presse dans d’autres pays. Ils ne sont pas informés des événements en Europe de l’Est dans le Tagesschau, et encore moins des défenseurs de Reporters sans frontières pour les médias russes, non pour s’informer sur les événements qu’ils auraient à parler russe, ukrainien, ou autre Européen de l’Est langues afin d’être informé sur la communauté européenne russo-phobe de valeurs. Je voudrais citer le ministère russe des Affaires étrangères:

Sur la situation dans l’espace médiatique de l’Ukraine

Nous célébrons aujourd’hui l’anniversaire de la signature des Accords de Minsk. Nous avons publié hier un commentaire détaillé concernant notre vision de cette situation dans l’ensemble et directement du stade de mise en œuvre des Accords de Minsk. Je ne suis pas certaine que le terme de “stade” convienne en l’occurrence. Je pense qu’il faut se concentrer sur le terme mentionné dans notre déclaration: un “simulacre” de mise en œuvre des Accords de Minsk par l’Ukraine. Je voudrais évoquer à part la situation dans l’espace médiatique de l’Ukraine.

Nous sommes contraints de revenir au thème de la liberté d’expression en Ukraine, où le régime de Kiev poursuit sa politique ciblée de renforcement du contrôle étatique sur les médias et de pression sur les sources médiatiques indésirables.

Les dernières initiatives législatives dans le secteur médiatique sont très préoccupantes. Les projets de loi sur les médias et sur la lutte contre la désinformation prévoient dans le fond des restrictions considérables pour les médias, instaurent de facto une censure étatique à l’égard des publications jugées indésirables par les autorités.

Difficile de ne pas voir dans ces initiatives antidémocratiques une orientation exclusivement antirusse. En particulier, nous constatons une nouvelle tentative des autorités ukrainiennes d’écarter entièrement le contenu médiatique russe et de priver la population de toute possibilité d’accéder à une information impartiale et objective sur les événements dans le pays et dans le monde. Même en partant du principe qu’une source ou un groupe de sources ne peut pas être qualifié d’entièrement objectif, il s’agit néanmoins d’une tentative de priver sa propre population d’un point de vue supplémentaire et alternatif.

Jugez par vous-mêmes. Le projet de loi contient une consigne directe pour les médias de couvrir l’activité des autorités russes sous un angle négatif. Il est prévu de fixer dans la loi l’interdiction de “populariser et de faire la propagande des organes de l’État-agresseur”. Si l’on se base sur la politique menée par Kiev vis-à-vis des habitants du Donbass, l’État-agresseur est l’Ukraine. Le plus terrible est qu’il s’agit d’un État-agresseur contre son propre peuple. Le texte contient également un passage contre la justification ou le déni de l’agression armée et de l’annexion du territoire ukrainien, la violation de son intégrité territoriale et de sa souveraineté. Il est évident qu’en fonction de l’interprétation il est possible d’appliquer ces restrictions à n’importe quel article journalistique.

Il est également suggéré de refuser aux agences de presse étrangères dont les organes dirigeants se situent en Russie la possibilité de s’enregistrer. Quelles conventions européennes et universelles réglementant l’activité professionnelle des journalistes, des articles, accords et déclarations le stipulent? Quels documents insistent sur une telle conduite? Cette conduite est précisément critiquée par la communauté professionnelle tant au niveau national qu’international.

De plus, les compagnies dont les propriétaires ou les bénéficiaires sont des citoyens ou des résidents fiscaux russes ne pourront pas travailler sur le marché médiatique ukrainien. La retransmission de signaux depuis le territoire russe ne sera pas permise.

Les autorités de Kiev ne font pas non plus de cadeaux aux médias nationaux qu’elles jugent indésirables. La semaine dernière, le Service de sécurité ukrainien s’est distingué par une perquisition dans les bureaux de la chaîne 1+1, tout en déclarant que l’affaire pénale n’était aucunement liée à une “pression sur les médias ou l’oppression de la liberté d’expression”. Qu’est-ce que c’était alors ? De la prévention? Ils ont vérifié le fonctionnement des prises de courant? De quoi parlons-nous? Où sont les structures internationales compétentes? Où sont tous ceux qui suivent à la loupe la situation des droits et des libertés des médias et des journalistes?

Le représentant de l’OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, des ONG ukrainiennes et internationales, notamment l’Union nationale des journalistes ukrainiens, la Fédération européenne des journalistes, Reporters sans frontières, ont déjà exprimé leur préoccupation vis-à-vis des actions de force dirigées contre les journalistes et des dernières nouveautés législatives ukrainiennes. Mais le fait est qu’il s’agit d’une réaction ponctuelle, légère, pas comme dans le cas d’Oleg Sentsov et de Nadejda Savtchenko. Après tout, ils savent se réunir avec des affiches devant les ambassades, écrire des pétitions, organiser tous les jours des flashmobs, des actions de soutien. Il est possible de transmettre de la nourriture au bureau de la chaîne pour les soutenir. Je sais que les journalistes ukrainiens aiment et savent le faire.

Nous espérons que les autorités de Kiev écouteront l’avis de la communauté internationale, reliront les engagements signés par les autorités de Kiev, cesseront de faire preuve d’arbitraire contre les médias et reviendront vers le monde civilisé dont elles pensent suivre la voie. Une nouvelle fois, nous appelons Kiev à respecter leurs engagements internationaux en matière de liberté d’expression et de la presse.

Sur la situation des médias russes et russophones dans les pays baltes

Nous sommes alarmés par la détérioration de la situation des médias russes et russophones dans les pays baltes. Les actions similaires des autorités de différents pays à l’égard des médias russes, qui n’ont aucun autre fondement que politique, prouvent qu’il s’agit bien d’une pression sur les médias. Elles prouvent que c’est une campagne antirusse. C’est une campagne dirigée contre les médias et les journalistes russes. S’il y avait des preuves, elles seraient présentées. Il n’y en a pas, mais il existe des mesures politiques identiques de pression, de contention et d’agression directe.

Le 4 février à Riga, le Service de sécurité nationale du pays a perquisitionné les locaux de Baltijas mediju alianse, où travaillent 25 chaînes des pays baltes, et d’où sont diffusées les émissions des chaînes russes Perviy Kanal et Ren TV.

Le prétexte officiel avancé par Riga pour ces perquisitions repose sur les soupçons visant un certain groupe d’individus - notamment les copropriétaires et membres du conseil d’administration du média Oleg Solodov et Alexeï Pliassounov - d’enfreindre les sanctions de l’UE. En utilisant de telles formulations, on peut aller assez loin. Dans ce cas, il est possible d’appliquer une telle approche à pratiquement n’importe quel média. Cependant, dans le contexte des persécutions devenues systémiques des médias russophones par les autorités lettonnes, cette affaire paraît complètement fabriquée, et ces déclarations des services spéciaux lettons sont une tentative ratée de Riga de justifier sa politique discriminatoire et répressive envers les médias. De nouveau cette question: où est tout le monde? Où sont les foules de manifestants devant les ambassades des pays concernés, notamment de la Lettonie et d’autres pays de l’UE? Où sont les flashmobs, le soutien?

L’annonce, après cet incident, selon laquelle le tribunal administratif local du pays avait maintenu la décision du Conseil national pour les médias numériques de suspendre la diffusion de neuf chaînes russophones, est une preuve de plus que la Lettonie n’a pas l’intention de changer son attitude envers les médias russophones. De plus, hier, le Président letton Egils Levits s’est adressé à la commission parlementaire des droits de l’homme et des affaires publiques pour proposer d’augmenter le quota des émissions dans les langues officielles de l’UE sur les chaînes câblées de la République jusqu’à 80%. Que dire? Il est, bien sûr, préférable de mettre l’accent sur les langues des pays de l’UE de la vieille Europe (espagnol, portugais). C’est très pertinent pour la Lettonie. Personne ne le remarque non plus?

Nous considérons ces démarches comme une violation directe des droits et des libertés des médias et une discrimination de la population russophone du pays, qui restreint l’accès à l’information en russe.

Des tendances similaires sont constatées dans les autres républiques baltes.

Par une pression sans précédent sur le bureau de Sputnik Estonie, en recourant entre autres aux menaces de poursuites pénales contre les collaborateurs du média russe, les autorités estoniennes ont forcé l’agence de presse à suspendre le travail de la rédaction à compter du 1er janvier 2020.

En Lituanie, Sputnik subit également des pressions. En mai 2019, les autorités locales ont interdit de séjour pendant cinq ans le rédacteur en chef de l’agence Marat Kassem. Je rappelle que l’an dernier, le pays a imposé sous différents prétextes des interdictions de diffusion des chaînes russes RTR Planeta et Rossiya 24, et a bloqué les médias en ligne russophones.

Nous avons manifestement affaire à une campagne ouvertement russophobe. D’ailleurs, les représentants de ces pays ne participent-ils pas à différents niveaux (officiel, de la société civile), par exemple, au Forum de Paris sur la paix où il y a des sections entièrement consacrées à la liberté d’expression, aux processus démocratiques, à la liberté de presse? Comment s’y sentent-ils? Pourquoi se rendre à de tels forums quand, de retour dans votre pays, vous procédez à la destruction politique du point de vue alternatif? Qui plus est, vous vous moquez des droits des minorités nationales. Je trouve honnêtement que tout peuple, toute nationalité, mérite simplement d’être nommée. Puisqu’il est convenu de dire “minorité nationale”, d’accord, mais c’est un outrage contre elles. Les gens qui sont nés, ont grandi et ont beaucoup fait pour la prospérité et l’établissement de ces pays, et ce en pensant et en parlant russe, méritent également le respect. Et surtout, leurs droits doivent être défendus au niveau international.

Nous appelons les ONG internationales des droits de l’homme et les structures internationales compétentes à s’exprimer sur la situation des médias et des droits des journalistes dans la région. Nous attendons avant tout une réaction de l’OSCE.

A l’occasion de la journée mondiale de la radio

Demain jeudi 13 février sera célébrée la Journée mondiale de la radio, proclamée par la Conférence générale de l’Unesco en 2011 et assimilée à la première émission de la Radio des Nations unies en 1946.

Cette année, le thème de cette journée commémorative est “La radio et la diversité”. A l’ordre du jour figureront les thèmes du pluralisme d’opinions et de la lutte contre la discrimination des journalistes radio à cause de leur âge, de leur situation sociale, de leur race, de leur religion ou de leur sexe. Je vous dis tout cela après ce que vous saviez déjà, et que j’ai répété, en ce qui concerne notamment la radio Sputnik dans les pays de ce même espace qu’englobe l’Unesco. Comment est-ce possible? C’est un paradoxe.

Je voudrais souligner en particulier que les radios russes font dernièrement de plus en plus l’objet de discriminations, sont confrontées aux tentatives des autorités de plusieurs pays de restreindre leur activité par tous les moyens.

Voici encore quelques exemples. Le secteur radiophonique ukrainien. Après l’adoption de la loi sur la langue nationale en mai 2019, les autorités de Kiev ont décrété des quotas linguistiques à la télévision et à la radio déterminant que le taux de diffusion des médias nationaux et régionaux en ukrainien ne devait pas être inférieur à 90%. De facto, la censure étatique a également frappé le contenu radio. Comment détermine-t-on ces 90%? Par rapport à quoi? Par rapport au nombre d’habitants? A la popularité des langues? Comment est défini cet indicateur? Peut-être que les autorités ukrainiennes ont mené des consultations avec des partenaires internationaux, des ONG, des structures compétentes? D’ailleurs, il est également possible de demander à l’Unesco dans quelle mesure cette nouveauté correspond aux règles et aux normes internationales en la matière.

La radio Sputnik est confrontée à des obstacles politisés dans son travail aux États-Unis. En février 2019, sur ordre du ministère américain de la Justice, la société américaine RIA Global qui lui fournit du contenu a dû s’enregistrer en tant qu’agent étranger, ce qui complique son travail. Cela touche directement l’activité de la compagnie. Cela représente des frais financiers et juridiques et bien d’autres problèmes auxquels elle est confrontée à présent.

Hormis RIA Global, le ministère américain de la Justice a forcé à s’enregistrer en tant qu’agents étrangers plusieurs autres partenaires de Sputnik qui émettent sur les ondes FM et diffusent des émissions de la radio russe.

Souvent, les émissions de radio ne sont pas du tout un moyen pour transmettre des informations sociales importantes au public, mais un instrument de propagande, de désinformation et de mensonge. Sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, dans la rubrique consacrée à la démystification des publications qui propagent de fausses informations sur la Russie, nous avons déjà mentionné l’émission de radio “Crimée. Réalités” du 10 décembre 2019 dont les présentateurs ont accusé les autorités russes d’empêcher l’accès à la péninsule aux représentants officiels étrangers, aux observateurs internationaux et aux groupes d’observation. Nous lançons des invitations tous les jours, nous organisons des tournées de presse, des voyages, nous demandons aux journalistes de venir. Et beaucoup de personnes ici présentes ont participé à de tels voyages. Le but étant d’ouvrir la Crimée le plus largement aux visiteurs étrangers, aux délégations officielles, aux ONG, aux journalistes. Et en même temps sont publiés de tels fakes. La situation est diamétralement opposée. La Russie invite constamment des représentants étrangers, comme je l’ai dit, y compris les journalistes. Ce ne sont pas seulement des voyages organisés. Vous pouvez venir visiter vous-mêmes, je vous y invite. Vous avez besoin de nous seulement quand il faut apporter une aide et une contribution pour organiser des interviews, si c’est difficile ou bureaucratisé. Si vous voulez venir vous-mêmes pour tout voir de vos propres yeux, il n’y a aucun obstacle. Il faut voir de ses propres yeux la situation réelle sur la péninsule. Puis comparer avec ce qu’écrit “Crime. Réalités”. L’entrée peut être interdite en Crimée uniquement à cause de la violation du régime de visa, mais c’est pratiqué par tous les pays et ne discrimine en rien les individus qui ont l’intention de se rendre en Crimée. Bien sûr, il existe des restrictions liées à la sécurité, aux mesures de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, en parfaite conformité avec la législation nationale, comme dans tous les autres pays. Mais il n’existe aucun autre obstacle en principe.

Nous espérons que la Journée mondiale de la radio ne servira pas de prétexte pour de nouvelles spéculations politiques, mais pour un débat honnête de la communauté professionnelle sur les problèmes des radios, les perspectives de développement du secteur tout en respectant rigoureusement les hauts standards du journaliste objectif et de qualité. Car en dépit de l’apparition ces dernières années de nouveaux formats médiatiques, les émissions de radio restent l’un des principaux moyens de diffusion pour le grand public et un canal de liaison socialement important.