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Ministère russe des Affaires étrangères sur la situation en Syrie

Dans les médias, la propagande sur la Syrie a un peu bouclé, ce qui est certainement dû à la situation en Turquie, en Grèce et au scandale inventé en Ukraine. C’est pourquoi je voudrais répéter les paroles du ministère russe des Affaires étrangères sur la situation en Syrie.

Nous évaluons la situation en Syrie comme stable. Des foyers de tension se maintiennent sur les territoires non contrôlés par le gouvernement syrien - à Idleb et au Nord-Est. Dans la zone de désescalade d’Idleb, malgré le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par les forces gouvernementales à compter du 31 août, les terroristes continuent de bombarder tous les jours les positions de l’armée syrienne et les zones d’habitation. Dans l’ensemble, le nombre d’attaques des extrémistes augmente: 823 attaques en août, 972 en septembre.

La situation reste également difficile au Nord-Est du pays où, d’une part, grandit l’opposition de la population arabe contre les administrations locales et, de l’autre, se sont activées les cellules dormantes de Daech. En septembre, les terroristes ont commis 20 attentats qui ont fait 40 morts et 27 blessés parmi les combattants kurdes.

Des nouvelles alarmantes proviennent du camp pour déplacés internes de Roukban dans le Sud du pays, dans la zone d’occupation illégale américaine. Une nouvelle cargaison humanitaire y a été acheminée entre les 26 et 28 septembre. Un retrait de civils (dans un premier temps de 2.500 personnes) était initialement prévu, mais le 29 septembre seulement 336 personnes ont été évacuées sur le territoire contrôlé par les autorités syriennes. D’après les réfugiés, les combattants du groupe armé illégal Maghawir al-Thawra subordonné aux États-Unis interdisaient aux civils de quitter Roukban sous peine d’exécution. Les Syriens qui ont tout de même réussi à partir ont dû verser beaucoup d’argent aux combattants pour leur libération. Il s’est avéré également qu’une grande partie de l’aide transmise par le convoi humanitaire s’est retrouvée entre les mains de Maghawir al-Thawra. Nous réaffirmons que la cause fondamentale de la situation difficile à Roukban est l’occupation illégale américaine et l’inaccomplissement systématique par Washington, en tant que puissance occupante, de ses engagements dans le cadre du droit humanitaire international pour la protection et la sécurité de la population civile sur les territoires contrôlés.

Dans un autre camp de déplacés internes, Al-Hol, qui se situe également dans les régions illégalement occupées par les États-Unis, des émeutes ont éclaté avec la participation des membres de famille de combattants terroristes étrangers. Les combattants du service de sécurité kurde ont dû utiliser les armes à feu, faisant des morts et des blessés. Il est évident que les gardes kurdes ont de plus en plus de mal de contrôler le camp, qui s’est transformé de facto en colonie terroriste de 70.000 personnes. Chaque semaine, le risque de fuite des terroristes d’Al-Hol et de leur “dissolution” en Syrie, dans les pays de la région de l’Europe devient de plus en plus réel. Comme dans le cas de Roukban, la responsabilité pour la situation à Al-Hol – la dégradation de la situation humanitaire et la fuite sans obstacle de terroristes de Daech, repose entièrement sur les Etats-Unis et leurs alliés de coalition, qui maintiennent le contrôle du Nord-Est de la Syrie en violant toutes les normes du droit international.

Sur cette toile de fond nous remarquons les démarches du gouvernement syrien au profit de la réconciliation nationale. Le Président syrien Bachar al-Assad a signé un décret sur l’amnistie générale prévoyant un assouplissement de peine pour les délits mineurs commis avant le 14 septembre 2019.

Chaque jour grandit également le nombre de Syriens de retour dans leur patrie – depuis le lancement de l’initiative pour le retour de déplacés internes et de réfugiés en juillet 2018, plus de 420.000 personnes sont arrivées en Syrie.

De plus, se poursuit le rétablissement des liens politiques, économiques, sociaux et culturels de la Syrie avec les pays de la région et de la paix en général.

Mi-septembre, à Damas s’est ouverte la 5e exposition du bâtiment pour la reconstruction de la Syrie, avec la participation d’environ 400 compagnies de 31 pays, dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Venezuela et la Biélorussie.

Fin septembre, à Damas s’est tenue une conférence internationale sur l’éducation avec la participation de plus de 1.500 employés du secteur éducatif, notamment de Russie, d’Allemagne, d’Irak, de Jordanie, d’Egypte, d’Iran et d’Inde.

Fin septembre, une délégation de députés italiens s’est rendue à Damas pour rencontrer les hauts dirigeants du pays. Les deux parties ont noté l’importance d’une couverture objective et dépolitisée de la situation en Syrie, ainsi que des changements positifs qui s’opèrent.

Le poste de contrôle d’Abou Kemal à la frontière irako-syrienne a repris son travail le 30 septembre. Dans les mois à venir, il est prévu de rétablir la communication ferroviaire entre Damas et Homs.

De son côté, la Russie continue d’apporter sa contribution à la garantie d’un avenir pacifique pour la Syrie. En septembre, une filiale de Rostec, Rusinformexport, a mis en place l’infrastructure pour le lancement en Syrie du système du “gouvernement électronique”. Le 23 septembre, dans un quartier de Damas, a rouvert une école secondaire pour garçons dont la reconstruction avait été financée par la Russie. L’université de Damas a organisé la 2e exposition des universités russes avec la participation de 19 établissements russes.

Je voudrais attirer votre attention sur le discours prononcé hier par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au forum de Valdaï, consacré à la situation actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Ministre s’est arrêté en détail sur les causes de l’apparition de situations de crise et les solutions pour surmonter les crises anciennes ou nouvelles. Le sténogramme et la vidéo en sont accessibles sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a également publié aujourd’hui l’interview que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accordée au quotidien panarabe Asharq al-Awsat, accessible en russe et en arabe.